amap prévisions paniers 20 au 22 janvier 2026, S4

Publié le 18 janvier 2026 à 12:30

 

NB ,  j'ai utilisé l IA pour améliorer la lecture de  mon texte ci dessous . Pour 2 raisons .

-la 1ère ,  elle corrige  fautes , c'est un gain de temps 

-la 2ème  et  la plus importante :  mon pessimisme se ressent trop dans mon style personnel , et l' IA me corrige  en faisant un texte plus sobre. Et même corrigé , il n' y a pas de quoi sourire !

Je précise bien que  ce n'est  qu'une amélioration  de la lisibilité   , rien d'autre.

 

La crise agricole : Où en sommes-nous ?

Vous vous demandez peut-être où nous nous situons face à cette réalité .

La France fait aujourd'hui face à une véritable perte de souveraineté alimentaire.

Concrètement, si les frontières venaient à se fermer, notre pays ne pourrait plus subvenir à ses besoins alimentaires.

Peu importe si certains produits sont cultivés dans des conditions inacceptables et interdites en France, tant qu'ils restent bon marché. Et de toute façon, de nombreux Français n'ont plus toujours les moyens de privilégier les produits nationaux.

Après la disparition de nombreuses industries, c'est désormais notre agriculture, garante de notre alimentation, qui est en péril.

 

Si vous nous suivez depuis plusieurs années, vous avez sûrement remarqué l’évolution de mon discours. En 17 ans, depuis mes premières newsletters, je suis passé d’un ton optimiste à neutre, pour finalement devenir négatif.

La situation agricole se dégrade depuis bien longtemps, et notre domaine, le maraîchage diversifié, suit malheureusement cette même tendance.

En tant que maraîchers diversifiés vendant directement nos produits, nous faisons face à une perspective de disparition dans un avenir que nous verrons de notre vivant.

Sauf un retournement de situation aussi espéré qu'improbable.

En seulement 8 ans, nos volumes de ventes ont chuté en moyenne de 35 % (avec des baisses allant de 20 à 50 % selon les productions).

Parallèlement, nos revenus ont diminué de 35 %, et notre capacité d’investissement pour maintenir un outil de travail fonctionnel s’est drastiquement réduite à cause de l’inflation massive des coûts dans le secteur du maraîchage spécialisé.

Les causes principales :

  • La baisse de consommation des fruits et légumes frais en France : Une diminution de 15 % depuis 2019.

  • Les achats se concentrent de plus en plus dans la grande distribution : Les consommateurs achètent moins directement auprès des producteurs, que ce soit sur les marchés ou à la ferme.

  • La montée des importations : Une part croissante des fruits et légumes achetés est importée. Cela inclut également les cas de fraude à la "francisation", où des produits étrangers sont vendus comme français.

  • Une concurrence déloyale : Nos coûts de production sont trop élevés. Nous sommes en compétition avec des pays, y compris européens, qui n’ont ni les mêmes réglementations ni les mêmes charges sociales que nous.

  • Des charges excessives : En vente directe, le maraîchage exige beaucoup de tâches manuelles et un temps important dédié à la vente. 50 % des charges concernent la main-d’œuvre, ce qui est énorme. En France, particulièrement en Île-de-France, les salaires ne se limitent pas au SMIC, et les charges sociales deviennent exorbitantes pour produire des légumes.

  • Une productivité horaire en baisse : Alors qu’en 1992, 6,8 personnes sur 7 travaillaient directement à la production, en 2025 ce chiffre sera tombé à 4,5 sur 7. Pourquoi une telle différence ? Beaucoup plus de temps est désormais consacré à la livraison, à la vente, et surtout aux tâches administratives, qui ne cessent de croître.

  • Un alourdissement des réglementations : Les exigences administratives s’accumulent sans cesse, entraînant des coûts supplémentaires que nous ne pouvons plus absorber.

  • Un système de subventions  inefficace  qui ne devrait pas exister : Nous contribuons, via taxes et impôts multiples, sans rien recevoir en retour.   

Les démarches pour obtenir des aides prennent des années et  sont si complexes et mal adaptées que nous n’y consacrons même plus de temps. Plutôt que de dépendre d’un système de subventions, nous souhaiterions retrouver notre liberté dans un environnement de concurrence loyale, où nous ne serions pas soumis à des pratiques de taxations abusives .

 

 

Comment cela se passe-t-il concrètement sur le terrain ?

  • recherche  d'autres débouchés  Pour essayer de maintenir un chiffre d'affaires, nous avons ajouté cinq marchés supplémentaires par mois et fournissons désormais deux commerçants. Cependant, nous ne pouvons pas embaucher. Cela signifie donc plus d'heures de travail pour nous, comme si notre charge n'était pas déjà suffisante. Nous devons être partout à la fois. Cette surcharge nous épuise, nous irrite, et, pour certains, cela peut mener au découragement. Pourquoi ? Parce que malgré tout cet effort, les résultats sont bien maigres.
  • Les ventes diminuent, un cercle vicieux  . Nous devenons de plus en plus petits. C'est un cercle vicieux : plus notre taille diminue, moins nous achetons de plants et d'intrants, ce qui augmente leur coût unitaire. En conséquence, nos prix de revient grimpent, nous vendons encore moins, et nous réduisons davantage notre production... ce qui finit par nous coûter encore plus cher.
  • des moyens de productions vieillissants  Nos principales productions et sources de revenus sont les fruits et légumes vendus entre avril et fin juin (comme les tomates, fraises, courgettes, concombres, et aubergines). C'est la seule période de l'année où l'activité commerciale reste encore relativement correcte. L'été, pourtant en pleine saison de production, est malheureusement une période "morte" sur le plan commercial.

Le problème pour nous, c'est que ces cultures sont surtout des productions de fin de printemps ou d'été. Elles nécessitent des serres, et parfois même des serres chauffées.

Mais nos serres datent des années 90. Bien qu'elles aient été rénovées à plusieurs reprises, on ne peut pas transformer une Caravelle en A350, ni une locomotive à vapeur en TGV, ou encore une R5 en Tesla... vous voyez l'idée.

Pour rester compétitifs, il faudrait démonter et tout reconstruire. C'est le schéma classique. Mais nous n'avons plus les moyens. C'est tout simplement trop cher pour une structure de notre taille. Alors nous continuons à produire... Mais tout comme une Caravelle pourrait encore voler, cela ne veut pas dire que c'est adapté ni viable à long terme.

 

Conclusion 

À moins de changer de taille ( encore plus petit ou sinon plus grand ?) et d’adopter une nouvelle stratégie commerciale pour s’adapter (livrer en vélo cargo ou en semi-remorque, par exemple),

on peut espérer continuer ainsi aussi longtemps que possible.

On peut également espérer qu’un jour, par miracle, nos gouvernants et les Français réalisent que sans agriculteurs, la France risque de faire face aux pénuries alimentaires . Ce n’est pas inédit, cela s’est déjà produit, souvent et sur de longues périodes. 

 

Et si nous faisions face à une nouvelle crise mondiale majeure ?

Une situation de guerre en Europe, ou une pandémie  comme celle du COVID, mais qui s’inscrirait dans la durée. Souvenons nous , pendant les mois de confinement, on entendait nos  nouveaux clients de passage , tout comme les médias, insister sur le fait que les Français redécouvraient leurs producteurs locaux, et que rien ne serait plus jamais comme avant.

On n’y croyait pas trop , mais nous étions moins pessimistes que nous n’aurions dû l’être.  Depuis 2021, la situation ne cesse de se dégrader toujours plus vite , entraînant notamment la tendance de  disparition accélérée  des maraîchers et des agriculteurs en général .

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